La loi de la peur
Les contes de la Mère Loi
Premier conte : La loi de la peur
Il était une fois une fois un pays triste. Le Roi et la Reine de ce royaume ne s’intéressaient plus à leurs sujets qui, de leur côté, menaient une vie morne en vaquant à leurs occupations. Métro boulot dodo rythmaient les jours des sujets tandis que là-haut les décisions étaient prises.

Le prix du sel : fixé depuis le château. Le cours du blé : décidé par les ministres plénipotentiaires. La construction de canaux pour naviguer dans le royaume : laissée à l’abandon faute d’eau depuis les sécheresses terribles de l’été dernier.
Il était loin le temps où au village on se réunissait pour organiser ensemble la récolte des olives, où le choix du jour du bal était discuté dans l’Assemblée des habitants et habitantes de la commune. Loin le temps où l’on préparait autour d’une immense table garnie de pain et de fruits la fête du village et l’élection de la fille la plus drôle. C’était une autre époque quand il fallait débattre, soutenir les décisions d’un ami, se rebiffer contre une injustice, contre la mise au ban d’un paysan un peu loufoque, bref faire vivre la cité.
On n’avait pas peur de faire vivre la place du village. On faisait de la politique sans le savoir et on n’avait pas peur d’en faire. Mais il y avait eu la Crise des fourches jaunes. Très violemment réprimée. Depuis on se sent divisé. Plus de rotondes : détruites. Plus d’yeux pour voir les injustices : blessés. Plus de solidarité : brisée. Plus de mains chaleureuses qui vous tirent d’embarras : arrachées. À la place, depuis le Palais, on nous propose d’avoir peur. Au café croissant : ayez peur. Au déjeuner : ayez peur. Au dîner : ayez encore plus peur, la nuit arrive. À la place de la joie et de la curiosité, la peur.
Au contraire il faut être curieux et oser. Oser discuter pour vivre par la parole.
Comme on vous parle maintenant pour échanger et dire et redire qu’il ne faut pas avoir peur. On est là à vous parler, sans vous connaître, de la joie de faire de la politique, de la joie de révéler ce qui est dissimulé. Par les mots : vous êtes libre d’en faire ce que vous voulez. Nous on veut pas cacher des gens dont le but est trompeur. Voici leurs faits et méfaits :
Lutter pour protéger les biens tout en volant le citoyen. Appeler à une sévérité extrême tout en trichant. Hériter d’un château et se dire proche du peuple. Mener sa petite entreprise de parti pour s’enrichir tout en accusant les autres de profiter des allocs. Soutenir les riches à l’Assemblée en faisant croire qu’on aime les pauvres. C’est ça l’extrême-droite.
La morale de cette histoire : ne fais pas ce que je fais mais vote pour moi.
L’extrême droite a un programme pour elle par pour nous. La décrire telle qu’elle est l’affaiblit. La connaître c’est la démasquer.





